
Cette musique pouvait donc prendre tour à tour la forme d’une déclaration d’amour passionnée, d’une ode à la sensualité et au plaisir, d’un appel désespéré ou d’un cri de rage revendicateur, ce qui fit qu'elle souffra dès son plus jeune âge d'un sérieux trouble de la personnalité.
Deux courants allaient se dégager: d'un côté la southern soul au son très léché, plus proche du blues, plus "roots"; de l'autre, la nothern soul, plus proche de la pop, plus enjouée, plus urbaine aussi. L'industrie de la musique allait en profiter pour connaître un boum sans précédent. Un combat sans merci allait avoir lieu sous les yeux et dans les oreilles du peuple américain.
A ma droite, 250 décibels de musique soul, des fondateurs frères et soeurs, Estelle Axton et Jim Stewart, ayant signé des artistes comme Eddie Floyd, Isaac Hayes ou encore Otis Redding, ils viennent de Memphis dans le Tennessee, ils aiment la musique, il aiment la southern soul, j'ai nommé...Stax !
A ma gauche le challenger, 300 kilos de barback (non, non, ce n'est pas le label rouge !), ce label nous vient tout droit de Détroit dans le Michigan, son créateur, Berry Gordy a à sa botte un groupe de chanteurs aux partitions acérées et aux voix tailleés pour la nothern soul, des gars comme Marvin Gaye, Stevie Wonder, The Jackson Five ou encore les misses Diana Ross, Nina Simone et Aretha Franklin, donnez tout ce que vous avez pour...Moooooootown !
Bon, certes, il n'y a pas vraiment eu de combat tellement chaque chanson qui sortait de chez Motown était destinée à devenir un tube. Ce label existe encore aujourd'hui dans sa forme originelle alors que Stax a déposé le bilan en 1975 après...18 ans d'activité (toutefois, après 30 ans d'errance et de rachats successifs , le label a refait surface au début des années 1990). La mort d'Eddie Floyd et celle de Martin Luther King Junior à Memphis, cette dernière jetant le discrédit sur la ville et créant un climat tendu entre les musiciens blancs et noirs , avaient précipité la chute inévitable de l'entreprise.
Mais dans un sens, qu'aurait été la musique soul sans Stax ? Il n'y aurait peut être pas eu de Sitting in the Dock of the Bay et encore moins de Wilson Pickett, ou peut être une bande orginale de Shaft beaucoup moins funky. Motown se serait ennuyé ferme sans concurrence. Mais surtout il n'y aurait pas eu de WattStax, le Woodstock noir, comme ils l'appelaient. En 1972, le label avait organisé un concert géant avec tous ses artistes au Watts Stadium de Los Angeles à la mémoire des émeutes noires de 1965 (six jours de violences après une altercation avec des policiers dans le quartier de Watts, 35 morts, 1100 blessés et une vague de révolte dans tout le pays). Sautons donc sur l'occasion pour aller voir le film du même nom (que le concert) qui sort la semaine prochaine au cinéma (si ça c'est pas un blog à la pointe de l'info) !
La soul traversera deux décénnies sans accros tout en inspirant d'autres sonorités cousines qui vont à leur tour graver un sillon sur le grand vinyl de la Musique : la funk du grand James (tout se recoupe les amis, tout se recoupe!) qui a suivi la soul de près tout au long des années soixante-dix ou encore la nu-soul bien plus récente, avec des artistes comme Angie Stone (qui a signé chez Stax cette année d'ailleurs) ou la diva Nu Soul Alicia Keys (nouvel album dans un mois !)
Petite précision, la Nu Soul est un authentique courant actuel (à ne pas confondre avec l'envahissant RnB et son bling-bling/paillettes/bimbo), pas un quelconque patronyme inventé par je ne sais quel journaliste un soir de déprime. Le Nu de Nu soul est logique dans la mesure où cette musique intègre les recettes et l'héritage de la Soul d'hier et les techniques de production d'aujourd'hui. Les mêmes ingrédients sont gardés : l'âme est toujours là, les voix inspirées, les thèmes abordés et principalement l'amour, des formats de chansons populaires.
Voici donc un aperçu de cette grande famille et comme on a pu le voir, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants !
Refermons ce joli chapitre avec le pionnier et la belle héritière...
A ma droite, 250 décibels de musique soul, des fondateurs frères et soeurs, Estelle Axton et Jim Stewart, ayant signé des artistes comme Eddie Floyd, Isaac Hayes ou encore Otis Redding, ils viennent de Memphis dans le Tennessee, ils aiment la musique, il aiment la southern soul, j'ai nommé...Stax !
A ma gauche le challenger, 300 kilos de barback (non, non, ce n'est pas le label rouge !), ce label nous vient tout droit de Détroit dans le Michigan, son créateur, Berry Gordy a à sa botte un groupe de chanteurs aux partitions acérées et aux voix tailleés pour la nothern soul, des gars comme Marvin Gaye, Stevie Wonder, The Jackson Five ou encore les misses Diana Ross, Nina Simone et Aretha Franklin, donnez tout ce que vous avez pour...Moooooootown !
Bon, certes, il n'y a pas vraiment eu de combat tellement chaque chanson qui sortait de chez Motown était destinée à devenir un tube. Ce label existe encore aujourd'hui dans sa forme originelle alors que Stax a déposé le bilan en 1975 après...18 ans d'activité (toutefois, après 30 ans d'errance et de rachats successifs , le label a refait surface au début des années 1990). La mort d'Eddie Floyd et celle de Martin Luther King Junior à Memphis, cette dernière jetant le discrédit sur la ville et créant un climat tendu entre les musiciens blancs et noirs , avaient précipité la chute inévitable de l'entreprise.
Mais dans un sens, qu'aurait été la musique soul sans Stax ? Il n'y aurait peut être pas eu de Sitting in the Dock of the Bay et encore moins de Wilson Pickett, ou peut être une bande orginale de Shaft beaucoup moins funky. Motown se serait ennuyé ferme sans concurrence. Mais surtout il n'y aurait pas eu de WattStax, le Woodstock noir, comme ils l'appelaient. En 1972, le label avait organisé un concert géant avec tous ses artistes au Watts Stadium de Los Angeles à la mémoire des émeutes noires de 1965 (six jours de violences après une altercation avec des policiers dans le quartier de Watts, 35 morts, 1100 blessés et une vague de révolte dans tout le pays). Sautons donc sur l'occasion pour aller voir le film du même nom (que le concert) qui sort la semaine prochaine au cinéma (si ça c'est pas un blog à la pointe de l'info) !
La soul traversera deux décénnies sans accros tout en inspirant d'autres sonorités cousines qui vont à leur tour graver un sillon sur le grand vinyl de la Musique : la funk du grand James (tout se recoupe les amis, tout se recoupe!) qui a suivi la soul de près tout au long des années soixante-dix ou encore la nu-soul bien plus récente, avec des artistes comme Angie Stone (qui a signé chez Stax cette année d'ailleurs) ou la diva Nu Soul Alicia Keys (nouvel album dans un mois !)
Petite précision, la Nu Soul est un authentique courant actuel (à ne pas confondre avec l'envahissant RnB et son bling-bling/paillettes/bimbo), pas un quelconque patronyme inventé par je ne sais quel journaliste un soir de déprime. Le Nu de Nu soul est logique dans la mesure où cette musique intègre les recettes et l'héritage de la Soul d'hier et les techniques de production d'aujourd'hui. Les mêmes ingrédients sont gardés : l'âme est toujours là, les voix inspirées, les thèmes abordés et principalement l'amour, des formats de chansons populaires.
Voici donc un aperçu de cette grande famille et comme on a pu le voir, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants !
Refermons ce joli chapitre avec le pionnier et la belle héritière...



