11.10.07

A family affair - Two sisters and a new generation

Cette musique pouvait donc prendre tour à tour la forme d’une déclaration d’amour passionnée, d’une ode à la sensualité et au plaisir, d’un appel désespéré ou d’un cri de rage revendicateur, ce qui fit qu'elle souffra dès son plus jeune âge d'un sérieux trouble de la personnalité.
Deux courants allaient se dégager: d'un côté la southern soul au son très léché, plus proche du blues, plus "roots"; de l'autre, la nothern soul, plus proche de la pop, plus enjouée, plus urbaine aussi. L'industrie de la musique allait en profiter pour connaître un boum sans précédent. Un combat sans merci allait avoir lieu sous les yeux et dans les oreilles du peuple américain.
A ma droite, 250 décibels de musique soul, des fondateurs frères et soeurs, Estelle Axton et Jim Stewart, ayant signé des artistes comme Eddie Floyd, Isaac Hayes ou encore Otis Redding, ils viennent de Memphis dans le Tennessee, ils aiment la musique, il aiment la southern soul, j'ai nommé...Stax !
A ma gauche le challenger, 300 kilos de barback (non, non, ce n'est pas le label rouge !), ce label nous vient tout droit de Détroit dans le Michigan, son créateur, Berry Gordy a à sa botte un groupe de chanteurs aux partitions acérées et aux voix tailleés pour la nothern soul, des gars comme Marvin Gaye, Stevie Wonder, The Jackson Five ou encore les misses Diana Ross, Nina Simone et Aretha Franklin, donnez tout ce que vous avez pour...Moooooootown !
Bon, certes, il n'y a pas vraiment eu de combat tellement chaque chanson qui sortait de chez Motown était destinée à devenir un tube. Ce label existe encore aujourd'hui dans sa forme originelle alors que Stax a déposé le bilan en 1975 après...18 ans d'activité (toutefois, après 30 ans d'errance et de rachats successifs , le label a refait surface au début des années 1990). La mort d'Eddie Floyd et celle de Martin Luther King Junior à Memphis, cette dernière jetant le discrédit sur la ville et créant un climat tendu entre les musiciens blancs et noirs , avaient précipité la chute inévitable de l'entreprise.
Mais dans un sens, qu'aurait été la musique soul sans Stax ? Il n'y aurait peut être pas eu de Sitting in the Dock of the Bay et encore moins de Wilson Pickett, ou peut être une bande orginale de Shaft beaucoup moins funky. Motown se serait ennuyé ferme sans concurrence. Mais surtout il n'y aurait pas eu de WattStax, le Woodstock noir, comme ils l'appelaient. En 1972, le label avait organisé un concert géant avec tous ses artistes au Watts Stadium de Los Angeles à la mémoire des émeutes noires de 1965 (six jours de violences après une altercation avec des policiers dans le quartier de Watts, 35 morts, 1100 blessés et une vague de révolte dans tout le pays). Sautons donc sur l'occasion pour aller voir le film du même nom (que le concert) qui sort la semaine prochaine au cinéma (si ça c'est pas un blog à la pointe de l'info) !
La soul traversera deux décénnies sans accros tout en inspirant d'autres sonorités cousines qui vont à leur tour graver un sillon sur le grand vinyl de la Musique : la funk du grand James (tout se recoupe les amis, tout se recoupe!) qui a suivi la soul de près tout au long des années soixante-dix ou encore la nu-soul bien plus récente, avec des artistes comme Angie Stone (qui a signé chez Stax cette année d'ailleurs) ou la diva Nu Soul Alicia Keys (nouvel album dans un mois !)
Petite précision, la Nu Soul est un authentique courant actuel (à ne pas confondre avec l'envahissant RnB et son bling-bling/paillettes/bimbo), pas un quelconque patronyme inventé par je ne sais quel journaliste un soir de déprime. Le Nu de Nu soul est logique dans la mesure où cette musique intègre les recettes et l'héritage de la Soul d'hier et les techniques de production d'aujourd'hui. Les mêmes ingrédients sont gardés : l'âme est toujours là, les voix inspirées, les thèmes abordés et principalement l'amour, des formats de chansons populaires.
Voici donc un aperçu de cette grande famille et comme on a pu le voir, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants !
Refermons ce joli chapitre avec le pionnier et la belle héritière...



8.10.07

A family affair - Beginings

Voyageons, une fois n'est pas coutume, à travers les âges pour vous conter la belle histoire de la musique de l'âme, la soul. En effet cette musique possède un arbre généalogique passionnant, dont le premier ascendant est son arrière grand-père, le negro-spiritual.
L'histoire tragique de cette musique débute dans les grandes exploitations aux Etats-Unis au XVIIe siècle, où les esclaves africains, qui ont été interdits de parler entre eux, cherchent à rythmer les tâches pénibles auxquelles ils sont assignés, et à expier leurs souffrances intenables pour tenter de survivre dans ce monde inconnu. Ils chantent alors à capella, en utilisant des phrases courtes, coupées sur le vif, cinglantes. Ces work songs s'échappent de leurs bouches comme autant de déchirures, de cris de douleurs, mais dégagent également un incroyable souffle d'espoir.
Au fil des décénnies, les negro-spirituals, mélanges de musiques africaines et de spiritualité chrétienne, laissent une place de plus en plus prépondérante aux évangiles pour aboutir, après l'abolition de l'esclavage (qui prit alors une forme différente, toute aussi révoltante, celle de la ségrégation), au gospel. Littéralement la "bonne parole" (Good spelle), cette musique prend racine dans ce terreau immonde qu'est l'Amérique raciste du début du XXe siècle. Historiquement, elle fait beaucoup plus référence à Jésus Christ et aux apôtres (les Evangiles) qu'à l'Ancien Testament comme pouvaient le faire les negro-spirituals. La libération du peuple élu par Moïse (Go down Moses, que vous avez du démarrer, ô vous, lecteur attentif) laisse place à la magnificence du Christ et ces jours joyeux où il absolvait tous les pêchés du monde :

...Euh, oups je me suis trompé, pardon, cette fois-ci c'est la bonne :

Cette musique religieuse et urbanisée qui trouve ses adeptes dans les Etats du Nord, ex-unionistes, contraste avec la musique du Diable pratiquée par les afro-américains restés dans les pays plus ségrégationnistes, le Blues. Le Blues, comme cette note "bleue" impalpable, inatteignable qui rendrait fou n'importe quel musicien qui tente de la jouer pour obtenir cette sonorité si particulière, qui permettait aux bluesmens d'évoquer leurs rêves et cette dure liberté qui était leur quotidien, mais aussi leurs révoltes et leurs aspirations. A ce sujet, je vous invite à faire un tour sur mon premier article qui traite du Diable en personne, Robert Johnson...oh et puis on ne vit qu'une fois :

Quelle belle famille ! Ces heureux parents donc, madame Gospel et mister Blues donnèrent naissance à deux beaux bébés au sortir de la Seconde Guerre mondiale. L'un d'eux, beaucoup plus teigneux et joyeux que son papa, prit le nom de Rhytm & Blues et sa jolie petite soeur se prénomma Soul.
Je vous laisse avec Marvin Gaye, pour qu'il vous raconte à sa manière un extrait du prochain épisode, où l'on peut voir (et entendre, c'est ça la magie de la vidéo) que la Soul a déjà bien grandi...

4.10.07

Et le condor passa...


Ahh les années 60...Qui n'a pas un jour rêvé de se lever le matin et, en allumant la radio (ou plutôt la TSF) découvrir les Beatles ou Jimi Hendrix en direct live, sans intermédiaire (oui moi aussi j'ai découvert les quatres garçons de Liverpool sur les vinyls de mes parents) ?
"Tiens, ce petit groupe a du coffre en fait, ça se retient bien ce Let it Be..." Enfin, arrêtons les anachronismes, et penchons nous quelques minutes sur cette décennie musicale foisonnante: les sixties.
Les Sixties. Ca sonne comme un nom de friandises. "Tenez les enfants, prenez ces quelques sous, et allez vous acheter des sixties..." Années sucrées et douces à la fois, pétillantes et acides en même temps.
Le contraste entre cette période et notre époque est saisissant. Maintenant, fini les bonbons, on est plus à l'époque de la chanson réchauffée au micro-onde. Aujourd'hui, on crée un nouveau courant musical dès lors qu'on sort un nouveau CD (tiens mais cette musique, on dirait de la pop'n'funk fusion hip-hop transgoa, c'est nouveau ?), comme si on avait besoin de lui mettre une étiquette et l'artiste le besoin de la décoller. Alors qu'à contrario, en 1960, les différents styles de musique se battent en duel, presque en un contre un, dérivant peu ou proue du rock'n'roll des fifties, la musique du faux black à la banane impeccable, j'ai nommé le King. Parmi ces quelques courants musicaux, on y trouvait la musique folk.
Pour faire de la folk, il ne suffit pas de jouer de la guitare folk (quoique c'est ce que font les deux trublions mis en lumière dans cet article), mais avant tout d'être populaire. Et oui, la musique folk est l'ancêtre de notre pop ! A l'époque ce courant avait bien meilleure presse qu'aujourd'hui, où elle est désormais synonyme de musique commerciale, vidée de son sens premier, créée uniquement pour faire vendre (enfin, en même temps, les requins de l'industrie musicale ne datent pas d'hier non plus, vous allez me dire). Et à ce petit jeu là, deux jeunes new-yorkais de la génération dorée, celle des Dylan et des Joplin, se montrent particulièrement doués.
Nous sommes en 1963, et après plusieurs années de galères, ce duo qui deviendra mythique sort son premier album après sept ans de vie musicale commune (et déjà une séparation...suivie d’un rabibochage dans le studio, comme on dit).
Véritables Starsky & Hutch de la musique, l'un ne va pas sans l'autre. A chaque fois que Paul Simon quitte Art Garfunkel (non, non, n'essayez pas de coller une énième étiquette à ce pauvre Art, juste parce qu'il se nomme Gar"funk"el, ça n'a rien à voir !), le succès leur referme ses portes.
On aura rarement trouvé un duo musical dont les membres sont aussi complémentaires. Le petit brun qui joue de la guitare accompagné du grand blond avec un voix d'ange, il fallait y penser. Avec un nombre d'albums qui se compte sur les doigts d'une main (cinq albums en sept ans quand même!) , les deux acolytes ont su véritablement surfer sur le tsunami musical qui allait ébranler leur époque.
Chaque sortie d'album après leur révélation au monde, fut accompagnée d'une pluie de récompenses et d'éloges. En 1967, bande originale de The Graduate, grammy pour Mrs .Robinson. L'année 1970 voit arriver Bridge Over Troubled Water, leur dernier album, contenant les Cecilia et autres El Condor Pasa, encore une pluie de grammies.
Cette musique gentillette qui reste dans toutes les têtes, et toujours chantée sans fausse note, sonne comme la bande originale des sixties. Ca et All Along The Watchtower (chanson dont je vous laisse chercher l'auteur...) me jette en pleine figure tous les symboles de cette intrigante et fabuleuse époque: les hippies, les fleurs dans les cheveux, les mouvements contestataires, Woodstock, le premier homme sur la lune. La musique a ça de fascinant, elle est capable de capturer une époque en quelques notes.
Simon & Garfunkel ne sont rien d'autre finalement que quelques fous vulcanologues qui tentèrent de s'approcher de trop près d'un volcan en pleine explosion, l'Amérique des années 60, pour en récolter les quelques gouttes de lave qui allaient figer l'Histoire à tout jamais.


26.9.07

Red Hot Chilli Peppers - One Hot Minute


A la question "Quel est le meilleur album des Red Hot Chilli Peppers ?", j'entends souvent les gens répondre : "Blood Sugar Sex Magik, bien sûuuur", voire même certains écoliers me crier avec leur voix pré-pubère : "Californication, monsieur !"
Et à entendre ces deux sons de cloches assez différents (et ce n'est pas juste une question de tonalité...) je ne pourrais que les approuver en leur disant que ce sont les albums les mieux vendus, et que de toute façon tous les goûts sont dans la nature ,et caetera. Mais comme moi aussi je parle le djeuns, j'ai envie de leur dire "retourne écouter tes skeuds, mec".
En effet, on oublie trop souvent, que 4 ans après l'album qui va vraiment les faire découvrir au monde (leur cinquième album !), Anthony Kiedis et ses compères vont nous livrer un album controversé, éclectique et précurseur qui répond au doux nom de One Hot Minute.
Encore aujourd'hui cet album reste un mystère, d'où sort cet album qui ne ressemble à aucun autre ? Pourquoi n'est il plus joué en live ? Essayons donc de lever le voile sur cette énigme à propos d'un CD que tout le monde semble avoir oublié.
Au début des années 90, Les Piments Rouges surfent sur le succès, enfin, après plusieurs années d'errance, en sortant un opus qui contient entre autres leurs titres devenus mythiques, Under The Bridge, Give it Away et Suck My Kiss.
John Frusciante, le guitariste, frustré par tant de célébrité soudaine et semblant prendre la même pente glissante que le chanteur du groupe qui fait leurs premières parties (un certain Kurt C. ou K.Cobain, mais il souhaite garder son anonymat...), mit les voiles en pleine tournée en passant directement par la case "Rehab" (comme cette chère Amy Winhouse et oui !).
Le groupe recruta donc Dave Navarro qui jouait dans le groupe Jane's Addiction (groupe métalo-heavy qui ne ressemble à peu près à rien) et se mit à l'écriture. Il en ressortit quelques mois plus tard ce chef-d'oeuvre (rien que ça).
Un mélange de punk et de funk hyper acidulé, frisant avec le hard rock, servi bouillant avec quelques ballades pour rafraîchir l'ensemble. Chaque titre est le complémentaire d'un autre, chaque chanson a une originalité qui lui est propre.
Pea, chanté et joué par Flea (en toute objectivité le meilleur bassiste du monde, pour la guitare on ne sait pas trop, peut être Jimi Hendrix, mais pour la basse on sait) est d'une justesse malicieuse, les explosifs One Big Mob et Coffee Shop (sans doute le meilleur album de Chad Smith, le batteur) répondent aux calmes Falling into Grace et Tearjerker. Les deux funky Aeroplane et WalkAbout sont dans la tradition du groupe. Et pour finir, il y a cette chanson, que tout le monde a jouée ou freudonnée au moins une fois, le magnifique My Friends.
Cet album est tout simplement ce qu'il manque aux Red Hot d'aujourd'hui. Plus de délire, plus d'impro, plus de risque ! Stadium Arcadium est sympa, Californication est énorme, mais ils ne sont plus jamais sortis de leur son, et sur le dernier, beaucoup de chansons se ressemblent.
Avec Mr Frusciante qui fait sa diva (oui, monsieur ne veut pas jouer cet album parce qu'il n'y a pas participé) et un dernier concert au Parc des Princes qui n'était vraiment pas à la hauteur de leurs habituelles performances, on commence à comprendre pourquoi les amis de ce cher Anthony sont si déprimés : My Friends are so depressed...I feel the question of your loneliness..


24.9.07

Xav' The World !


Reconnectons nous à la réalité, après cette petite semaine de vacances complètement folle, en vous narrant la très (très, très) bonne soirée de mardi dernier, qui commença par un petit coup de fil :
" - Allo, Hugues ? J'suis arrivé, tu es où ? Je suis chaud bouillant, bonhomme !"
" - Salut Lolo, désolé mais tu vas devoir te débrouiller tout seul ce soir, parce que je crois qu'on m'a volé ma caisse ! En tout cas elle n'est plus là où je l'avais laissée !"
C'est donc en mode "Lolo contre le reste du monde" (mon habit de Jack Bauer toujours à portée de main) que je débarquai en plein milieu de Bruxelles, alone in the dark, bien décidé à ne pas rater l'événement qui m'a fait acheter un aller-retour pour la soirée, le concert de Xavier Rudd à l'Ancienne Belgique Box.
Fût-ce là mon premier concert en solo ? J'ai bien peur que non. Lors d'une froide soirée de décembre 2003, le sort avait voulu que je me retrouve tout seul à un concert de Mariah Carey (oui, oui, vous avez bien lu). Tout le monde fait des erreurs, mais celle-ci va sûrement me coûter le peu de lecteurs qu'il y a sur ce blog. C'est malgré tout avec plaisir que je continue mon histoire pour toi, cher internaute égaré par une recherche mal construite.
Après avoir sauté à motié par hasard dans un tram', me voilà donc devant la salle, place de la Bourse, en plein centre de cette magnifique ville belge, qui se rappelait à mes bons souvenirs. Je me faufile entre les traditionnels chercheurs de places, je rentre et hop me voici pile à l'heure, devant la scène, dans une salle étoilée des murs au plafond, un peu plus petite que la fosse de l'Olympia, en totale synchro avec notre artiste de ce soir, qui venait juste de poser ses mains sur sa guitare.
L'artiste en question est donc Xavier Rudd, véritable homme-orchestre du XXIe siècle, connu aussi sous le nom de "Mr Peace" (en effet, à côté de lui, Jack Johnson est un nevrosé). Certains artistes jouent de la guitare et de l'haromica en chantant, d'autres mélangent le piano et le tambour. Xavier Rudd, lui, joue de la guitare(slide, folk et électrique), du dijéridou (trois modèles différents à chaque concert), de la batterie, des percus (non ce n'est pas fini), de l'harmonica et il chante en plus !
C'est au beau milieu de cette artillerie musicale, qu'il se place en entrant sur scène, cheveux et barbe hirsutes dépassant à peine de ce véritable édifice. Le drapeau aborigène étendu sur sa gauche nous prévient d'entrer du périple qui nous attend, fermons notre poche ventrale et préparons nous à voyager à travers le continent australien, en bondissant de merveilles en merveilles tel un "kangaroo" , ébloui par la beauté de la nature, vierge et éclatante.
Tantôt jaune comme le soleil océanien, tantôt bleuté comme la nuit canberrienne, les jeux de lumière se marient à merveille avec l'ambiance qui règne ce soir, rythmée par les percussions et les cris de ces instruments ancestraux, en forme de grandes pailles qu'on nomme les dijéridous. Tiens, la salle s'illumine d'un vert châtoyant sur ce ciel étoilé, je viens de voir ma première aurore boréale.
Le public rigole avec l'artiste, de blague en blague, de chanson en chanson, de Fortune Teller jusqu'au joyeux Messages, en passant par l'hymnesque Let Me Be. Xavier Rudd nous en donne d'ailleurs une version extra-terrestre de quinze minutes, prolongée par le public pendant une éternité, la pendule semblant s'être arretée, alors que, l'artiste, lui, l'était vraiment, subjugé par cette foule qui, depuis cinq minutes, faisait son propre concert !
Tout le nouvel album y passe en plus des classiques , et quel album les enfants. Il touche à tout, pouvant jouer simultanément de la gratte, du dijéridou et des percus ! Et quel souffle incroyable, jouer d'un si grand instrument à vent pendant parfois vingt minutes d'affilée...sur un show marathonien de 2H30!


Epoustouflant. Je ressors de là complètement bluffé, tout y était réuni : le contexte, l'ambiance, la qualité de l'artiste mais surtout la sincérité de l'homme. C'est donc ravi et un poster en main (souvenir oblige) que j'allais déguster avec Hugues et sa charmante demoiselle, une poignée des
meilleures frites du monde, après être passé dire bonjour à un autre ami, ce cher Florent (comme quoi finalement, je connaissais un peu de monde sur place, dommage que cet ebayeur que je chéris maintenant n'avait qu'une place à vendre).
Mais je n'étais pas au bout de mes surprises. En effet, sur le chemin du retour, nous tombâmes (et bam!) nez à nez avec le héros du jour, Mister Xavier "Peace and Love" Rudd.
"Allez Lolo fonce tu vas le regretter toute ta vie sinon".
Sous les recommendations d'Hélène, c'est le pas mal assuré que je m'avançais donc pour taper la discute avec ce cher Xavier Rudd, d'une incroyable disponibilité, qui avait l'air de connaître comme des amis d'enfance tous les quidams qui attendaient là depuis la fin du concert pour partager une once de son univers.
Bon d'accord, j'aurais voulu lui poser mille questions, et, rattrapé par l'evenement je lui ai ressorti le vieux disque rayé du groupie de base "it's was so amazing, what a wonderful show", j'en passe et des meilleures. Mais j'ai quand même réussi à lui glisser mes impressions du soir : "your show is like traveling through Australia, it's so beautiful" (bon d'accord je n'y ai jamais mis les pieds mais c'est pour bientôt j'espère).
Sourire bloqué et poster signé, je m'enfonçais dans la brume brusseloise, accompagné de mes hôtes (dont la voiture était en fait à la fourrière) , avec l'impression d'une soirée bien remplie.
Mince, je crois que je suis encore "fan de".

15.9.07

Where is my mind ?


Certains étudiants ont souvent une grosse peur de la page blanche, à plus forte raison dans les milieux littéraires (en maths en général, quand on ne sait pas, on ne sait pas). Chez les musiciens, la plus grande hantise, ce serait plûtot le deuxième l'album. Comment faire mieux que l'album qui vous a fait connaître et exposé aux yeux de tous ?
Pour y remédier, certains artistes n'ont pas froid aux yeux. Ils ont envie de toucher à tout, de tester, de ressayer, de changer de ton, voire même de changer de musique, et c'est assez souvent la catastrophe, à la manière des acteurs qui se mettent à chanter, où les chanteuses qui se mettent à jouer (mais non, je ne vise personne là...).
D'autres y arrivent à merveille. Ils commencent avec du rock, passent à la pop, jouent des balades soul, (ce que ces mêmes étudiants appelleraient des "slows" d'ailleurs, enfin des collègiens...), tout en gardant une toile de fond, une identité.
Lenny Kravitz est de la graine de ceux-là. De ceux qui, un matin, ont envie de jouer un rock psychédélique à la Hendrix (Are you Gonna Go My Way), et le lendemain, se prennent à jouer une petite soul sucrée des familles (It ain't over 'til it's over). On pourrait penser que ces deux titres phares se trouvent sur son premier album, celui qui l'a fait découvrir au monde, et bien détrompez vous, Lenny sort des hits à chaque nouvel opus ! On trouvait déjà Let Love Rule sur le premier ainsi que Mr Cab Driver, il enchaîne avec Always On the Run et Stand By my Woman, sur Mama Said (1991) puis vient Are You gonna Go my Way sur l'album du même nom en 1993. S'ensuit le très groovy Rock'n'Roll is Dead sur Circus en 1995, que des titres je vous dis ! On citera enfin American Woman et I Belong to you, tous deux sorties en 1998, sur Five.
Et la je vous entends déjà me dire :" C'est bien joli tout ça mais t'as oublié Baptism, le dernier, c'est quoi c'te daube ?"
Et je répondrais que je vous trouve un peu dur, là. Certes, c'est un peu du déjà vu (et quelle horrible couverture, je vous en fais grâce). Mais il y a malgré tout, dessus, le très bon When are we running. A croire que la plus grosse crainte du musicien est finalement comment survivre après son best of. Bon, qu'on se rassure le rocker new-yorkais nous prépare une révolution d'amour pour l'année prochaine (It's time for a love revolution, février 2008), mais on est quand même en droit de se poser la question suivante : Où es-tu passé Lenny ?


14.9.07

Hope that Otis's reading...


San Francisco, ville trépidante du nord de la Californie, renferme plusieurs pépites qui lui sont si caractéristiques. Quand vous montez dans ces rues, vous sentez la chaleur du volcan éteint qui jadis explosait de toute sa force et fit l'histoire de la faille de San Andreas. Vous êtes harassé par la pente vertigineuse de ces routes, qui vous emmènent indubitablement vers Twin Peaks et son panorama de 360°. Fatigué, vous prenez un cable-car qui vous emmène et qui grimpe, jusqu'on ne sait trop où, au paradis, sûrement.
Après quelques tours et détours, de la Lombard Street, jusqu'aux maisons victoriennes, vous décidez de profiter du vent et du soleil, plus proche de la mer, vous arrivez devant le Golden Gate Bridge, majestueux, d'un rouge profond et brûlant. Puis vous flanez sur le long de la côte, sur les ports. Vous décidez de vous arreter, face à la mer, Alcatraz, en ligne de mire.
Vous êtes assis sur le port de la baie de San Francisco , et vous restez la toute la journée (sittin in the morning sun, i'll be sitting when the evening comes), à penser à la vie, votre solitude vous étreint, elle est là, seule, à vous tenir compagnie. Le vent souffle et rafraîchit sur vos joues, brûlées par le soleil californien, et vous pouvez laisser libre court à vos rêveries, en regardant les vagues (watching the ships roll in) en écoutant les vagues, même.
Otis Redding pourrait nous emmener n'importe où on le suivrait les yeux fermés. On sent tout l'esprit de la musique soul transparaître de ses textes, avec cette voix unique, aux confulents du rhythm and blues et du gospel. Cette chanson m'évoque une jolie tristesse, fleurtant avec la mélancolie. Ce texte est d'autant plus triste qu'il s'agit de la dernière chanson qu'a enregistré Otis Redding en décembre 1967 juste avant, dit-on maintenant, que sa carrière ne prenne un virage "pop". Quelques jours avant que son avion, lui aussi, ne prenne tragiquement un mauvais virage, au dessus du lac Wisconsin, et nous laisse orphelin d'une des plus belles voix américaines du XXe siècle.